Aisément, le mot santé se définit comme un « état de quelqu’un dont l’organisme fonctionne bien ». Par le concept « One Health », traduit littéralement par trois mots, « une seule santé », l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et ses partenaires interconnectent la santé humaine avec la santé animale et la santé environnementale. La santé des humains, la santé des animaux (sauvages et domestiques) et la santé des écosystèmes sont indissociables. D’où la nécessité d’avoir, pour une santé publique saine, une collaboration multisectorielle entre médecins, vétérinaires, écologistes et agronomes. Parce que de nombreuses maladies infectieuses qui affectent l’homme proviennent des animaux (zoonoses), facilitées et aggravées par des facteurs environnementaux. La maladie à virus Ebola en est l’exemple le plus récent.
Voilà pourquoi la journée du vendredi 17 juillet 2026 consacrée à la réflexion sur le concept « One Health » est une journée mémorable pour l’Action vétérinaire féminine pour le développement (AVFD).
La présidente de cette ONG, docteure Denise Ntema Ngudi-Mbasi, le rappelle pertinemment bien dans son discours d’ouverture de cette journée de réflexion. D’abord, elle clame sa conviction : « La femme vétérinaire est une actrice de première ligne de l’approche « Une seule santé », parce qu’elle protège simultanément la santé animale, la santé humaine et l’environnement. Elle contribue à la surveillance des zoonoses, à la sécurité sanitaire des aliments, à la prévention des maladies, à la gestion des urgences sanitaires, à la protection de la biodiversité et au renforcement de la résilience des communautés. »
Pourquoi une telle réflexion au moment où le pays est en pleines crises sanitaires ? Sa réponse promeut le recours permanent au concept « Une seule santé » : « La République démocratique du Congo (RDC), à l’instar de nombreux pays, est confrontée à des défis sanitaires de plus en plus complexes. Les maladies émergentes et réémergentes, dont une grande partie sont des zoonoses, nous rappellent que la santé humaine, la santé animale et la santé des écosystèmes sont intimement liées. Les récentes épidémies ont démontré que les réponses sectorielles, prises isolément, ne suffisent plus. Les crises sanitaires exigent désormais une approche intégrale, multisectorielle et participative : l’approche « Une seule santé » (One Health).

Qu’attendre alors de la médecine vétérinaire congolaise ? Sa réponse sans ambages : « Notre objectif est de créer un espace d’échanges, de réflexion et de plaidoyer afin de valoriser les compétences des femmes vétérinaires, renforcer leur leadership et promouvoir leur pleine participation dans la mise en œuvre de l’approche « One Health » en RDC. »
L’Action vétérinaire féminine pour le développement a été créée le 20 février 2020 à Kinshasa. Elle a organisé sa première sortie officielle consacrée déjà en 2021 à l’approche « One Health ». C’est ce qu’a rappelé la docteure Eulalie Kashwantale, vice-présidente de cette association dans une intervention énumératrice des activités réalisées de 2021 à 2025. Cette première activité a porté sur les risques encourus par la femme professionnelle de santé et sur ses impacts à la résistance aux antimicrobiens dans cette approche. La sensibilisation des éleveuses et des maraichères sur les bonnes pratiques d’élevage, l’utilisation des antimicrobiens et des pesticides à Ndjili et à Kinwenza, la sensibilisation des élèves et des adultes contre la rage, la prévention contre les violences basées sur le genre, le renforcement des capacités des membres figurent notamment sur cette longue liste d’activités.
L’AVFD participe également aux travaux de réflexion sur la politique nationale du développement de l’élevage, aux journées scientifiques, aux conférences techniques et aux forums régionaux et internationaux consacrés à la santé animale, à la santé publique vétérinaire et à l’approche « One Health ».
La journée de réflexion s’est terminée par une série de témoignages sur les difficultés d’exercer sa profession en tant que femme vétérinaire, le manque des matériels indispensables pour un bon fonctionnement des services surtout aux frontières nationales, l’accès très difficile dans les milieux ruraux affectés par diverses zoonoses,
Elle a pu se tenir grâce au soutien de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’Ordre national des médecins vétérinaires (ONMV) de la République démocratique du Congo.